Avant-après les années 2000 – Chapitre 3 – l’activité prise entre l’étalement de la logistique et la haute densité du bureau

(Voir les autres articles :
Chapitre 1 – Les années 2000 – Quelle mutation depuis la Ville Franchisée ?
Chapitre 2 – Les années 2000 – le logement entre croissance fractale et programmation control-freak
Chapitre 4 – Les années 2000 et la ville Hors-champ (de l’urbanisme))

L’activité : Un type de programme épargné par l’intention de densité dans sa version entrepôt.

L’activité, comme on le pense souvent en matière de programmation urbaine, ne se résume pas au commerce et au bureau. Comme on le voit ci-dessous, au cours des années 2000, la construction de locaux non résidentiels s’est constituée à 28% de locaux industriels et d’entrepôts, à 21% de locaux de commerce et d’artisanat, et seulement 14% de bureaux.

Chiffre construction non residentielle
Même si la question de la sur-offre dans l’immobilier de bureaux se pose (et fait partie d’un autre débat) il est clair que l’urbanisation ne se fait pas uniquement via les programmes de bureaux. La logistique et la distribution sont prépondérantes.

Or, lorsqu’on regarde de plus près les grandes opérations d’urbanisation à dominante de programmes logistique et de distribution et répondant à une demande croissante de ces secteurs vitaux pour l’économie, on observe d’impressionnantes nappes d’artificialisation, tournées vers l’optimisation de l’accessibilité du fret. En voici quelques exemples, dont celui, éloquent du Val Bréon à Châtres (zone logistique dont la taille est presque 2 fois plus grande que l’ensemble du quartier des Docks de Saint-Ouen, anciennement industriel). Ces exemples, rapportés à l’intention de densité prédominante depuis la loi SRU posent d’importantes questions de répartition des compétences territoriales. Comment contrôler une stratégie d’urbanisation à l’échelle métropolitaine ? Mais aussi, comment répondre à la demande en entrepôts de taille aussi massive en respectant des ambitions en matière de contrôle de l’étalement urbain ?

Val Bréon – Île-de-France – 2002 ->2010 (comparez en bougeant le curseur)

Val Bréon – comparé au quartier des Docks de Saint-Ouen à la même échelle (comparez en bougeant le curseur)

Survillier – Île-de-France – 2002 ->2011 (comparez en bougeant le curseur)

Triangle de Gonesse – 2003 -> 2011 (comparez en bougeant le curseur)

Le commerce : des disparités mais toujours une dépendance à l’automobile

En dehors des programmes d’entrepôts et de distribution, les projets de commerces ont été nombreux dans les années 2000.  Certains ont porté des ambitions fortes d’accessibilité et de couture vis-à-vis de leur contexte urbain, certains moins (ci-dessous, 2 avatars de ces projets : Odysseum à Montpellier et Atoll à Angers). Par rapport à la question de la continuité de la Ville Franchisée, il est clair que les grandes opérations d’urbanisme commercial ont continué de s’implanter sur les noeuds autoroutiers, axes de consommations privilégiés et rentables. Si Odysseum respecte son contexte et porte un programme de mixité, le cas de l’Atoll d’Angers est éloquent. Dépassant ses objectifs de fréquentation, cette opération est l’expression même de la ville branchée sur autoroute. L’Atoll, une île dans la campagne.
La réussite financière et commerciale de ce projet pose des questions colossales aux urbanistes : comment répondre aux attentes des usagers (qui souhaitent massivement ce type de programme) tout en respectant un idéal de renouvellement de la ville sur la ville ? Quelles sont les caractéristiques clés de ce type d’exemple qui peuvent être ressaisis dans un projet plus mixte en terme d’accessibilité et de programme ?

Angers – Atoll – 2002->2012 (comparez en bougeant le curseur)

Montpellier – Odysseum – 2004 ->2012  (comparez en bougeant le curseur)

Le bureau et le commerce dans les programmes mixtes

Mais l’activité, c’est aussi le bureau et finissons avec quelques projets bien connus et symboles des années 2000, comportant de larges programmes de bureaux. Ces projets ont à la fois été porté par la manne financière du bureau (tout au moins au début des années 2000) et par des portages politiques forts. Ce sont des projets vitrines, au même titre que Confluence (montré dans le chapitre 2) ou que l’Île de Nantes (non présente dans ces articles).
Leur sur-représentation dans l’imaginaire urbain pose d’ailleurs question lorsque l’on les compare avec les surfaces artificialisées par d’autres types de programmes comme la logistique. Y a-t-il une réelle répartition de l’ingénierie urbaine sur l’ensemble des programmes et du territoire ?

Paris – Masséna – 2001 ->2011  (comparez en bougeant le curseur)

Strasbourg – Etoile- 2002 ->2012 (comparez en bougeant le curseur